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Santé et voyageurs

lundi 3 juillet 2006 par [Dr Régis Goursaud]





Santé et voyageurs

 

L’institut Pasteur de Nouvelle Calédonie est Centre de Vaccination Internationales et seul habilité en Nouvelle-Calédonie à vacciner contre la fièvre Jaune et à délivrer le certificat international, valable dix ans, exigé par le Règlement Sanitaire International.

 Cette vaccination est indispensable dans deux cas :

  1. Une obligation « administrative » : 127 pays exigent ce certificat des voyageurs ayant séjourné dans un des 43 pays où cette maladie est présente
  2.  La prévention d’un risque pour le voyageur se rendant dans un de ces pays d’endémie (32 pays d’Afrique intertropicale et 11 pays d’Amérique du sud)

 Toutefois, la fièvre jaune n’est pas le seul risque sanitaire auquel on peut être confronté lors d’un voyage, ni la vaccination le seul mode de protection. Dans la région Asie-Pacifique, il faut prendre en compte les risques de paludisme, d’encéphalite japonaise, d’hépatites, et plus généralement les maladies transmises par l’eau et les aliments (parasitoses digestives, diarrhées)

 Il est donc prudent de se renseigner plusieurs mois à l’avance pour connaître les risques particuliers aux pays dans lesquels vous projetez de séjourner, et les manières de s’en protéger.
 
Votre médecin traitant doit être votre premier interlocuteur, il vérifiera votre carnet de vaccination (délibération du 21/CP du 4 mai 2006) et peut accéder via Internet aux informations actualisées sur les risques inhérents à votre voyage.
 
Si certains conseils sont de portée générale et accessibles à tous via de nombreux médias (Sites Internet, brochures de voyagistes, articles spécialisés dans la presse, etc.), certaines situations complexes ne peuvent être abordées que dans le cadre d’une consultation médicale orientée (séjours multiples ou prolongés, navigation en haute mer, contre indications liées à l’état de santé, etc.)
 
Nous attendons la mise en place des recommandations nationales pour ouvrir en Calédonie une telle consultation spécialisée, cependant, dans l’attente, nous délivrons gratuitement les conseils appropriés aux voyageurs qui en font la demande lors de leur passage à l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie dans le cadre d’une vaccination anti-amarile.

 Pour ceux désireux d’en savoir plus, consulter les sites suivants, actualisés et compétents :

(ce dernier site propose des liens vers d’autres sources sérieuses comme l’INVS ou l’OMS)

 

 

Voyageurs à destination de la Nouvelle Calédonie :

 

La nouvelle Calédonie est exempte de Paludisme, l’eau du robinet est potable et la principale différence sanitaire avec les pays européens concerne quatre affections :

  • La possibilité de circulation de virus de la Dengue (transmis par piqûre de moustiques Aedes aegypti, vivant à proximité des habitations),
  • Une plus grande fréquence des leptospiroses (transmises toute l’année par contact avec de l’eau douce souillée par l’urine d’animaux)
  • La « gratte » ou ciguatera, intoxication par ingestion de poissons coralliens même cuits ayant ingéré une micro-algue toxique, (se renseigner sur place sur les espèces généralement touchées)
  • Et quelques cas de méningite à eosinophiles (consommation d’aliments souillés par des escargots et consommés crus).

 La plupart des animaux venimeux sont marins (serpents, certains coquillages et poissons pierres) et bien sûr il faut tenir compte des risques liés à l’ensoleillement, aux baignades (coraux !) et à la circulation routière souvent dangereuse à la tombée de la nuit.

On trouvera plus de détails sur le Web dont voici quelques sites :

 

 
 

Voyageurs à destination du Vanuatu

Le Vanuatu, ex-condominium Franco-Britannique autrefois connu sous le nom de « Nouvelles-Hébrides », est la destination tropicale privilégiée au départ de la Nouvelle-Calédonie. C’est un archipel de plus de 80 îles et îlots s’étendant sur 900 km du nord au sud. Seules deux de ces îles possèdent un centre hospitalier : L’île d’Efate à Port Vila, la capitale, et l’île de Santo, à Luganville.

 Si aucune vaccination n’est exigée à l’entrée de ce pays, la faible densité de formations sanitaires et le caractère rural du pays doivent inciter à la prudence. Il est recommandé d’être à jour de ses vaccinations obligatoires et d’être protégé contre l’hépatite A (Havrix®, Avaxim®) et la fièvre typhoïde (Typhim®, Typherix®)

L’eau est potable dans les grandes villes, mais il est prudent d’emporter de l’eau minérale embouteillée lors de déplacements hors des établissements hôteliers.

 

Le principal risque sanitaire est représenté par le Paludisme contre lequel il importe de se prémunir.

Cette parasitose est transmise par des moustiques (anophèles) dont l’activité maximum se situe à l’aube et au crépuscule. La première prévention consiste à se protéger de leur piqûre en portant des vêtements couvrants (manches longues, pantalons), en utilisant des répulsifs sur les parties découvertes et en dormant sous moustiquaires ou dans des pièces protégées par diffusion d’insecticides. Toutefois, les anophèles peuvent parfois piquer hors des habitations et à des horaires inhabituels (par exemple en journée sous des zones ombragées) et ces précautions ne garantissent jamais une efficacité de 100%.

Il est donc préconisé d’utiliser une prévention médicamenteuse, surtout si le séjour doit durer plusieurs jours et vous amener hors de la capitale.

 

La Vanuatu est classé en Zone II par l’OMS, c’est-à-dire qu’il y a été décelé des souches résistantes à la Chloroquine.

Le traitement de choix est donc la Savarine® ou la Malarone®, mais il faut savoir que ces médicaments n’empêchent pas les piqûres et donc doivent continuer à être pris au retour, pendant la toute la durée d’incubation, pour être totalement efficaces.

La Malarone® est plus onéreuse et n’est pas utilisable chez les enfants en dessous de 11 Kg, mais présente l’avantage de ne nécessiter qu’une semaine de traitement au retour.

La Savarine® est une association dont la présentation ne convient qu’aux personnes de plus de 50 Kg et doit être poursuivie pendant 4 semaines après le retour. Il est possible pour les enfants d’utiliser à la place des comprimés ou du sirop de Nivaquine® associés à des comprimés sécables de Paludrine®

Ces médicaments n’étant pas totalement dénués d’effets secondaires ni de contre-indications, leur prescription doit se faire au cours d’une consultation médicale. A cette occasion, votre médecin pourra vérifier votre carnet de vaccination (délibération du 21/CP du 4 mai 2006), voire vous prescrire des médicaments de première intention (antiseptiques intestinaux, antipyrétiques…) selon la durée et le modalités de votre séjour.

Sachez enfin que ces médicaments ne doivent pas être utilisés plus de trois mois en continu, et qu’ils ne protègent que contre la forme la plus grave du paludisme (falciparum).

Ainsi, en cas de fièvre après un séjour dans un pays tropical à risque de paludisme, il est primordial, pour toute fièvre durant plus de 24 h, de consulter un médecin en lui indiquant la date de votre séjour, le pays visité et la prévention utilisé. S’il juge le risque de paludisme possible, il vous prescrira une analyse de sang qui permettra d’identifier le parasite éventuel et de prescrire le cas échéant un traitement adapté.

Pour plus de détails, les professionnels de santé pourront consulter les recommandations de l’Institut de Veille Sanitaire