L’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie (IPNC) a le plaisir d’annoncer le lancement de l’étude NIHFI (National Institutes of Health – Fièvres Indéterminées), un projet multicentrique international coordonné par l’Université de Los Angeles (UCLA).
Portée par le Groupe d’Epidémiologie Médicale (GEM) et le Centre Hospitalier Territorial Gaston-Bourret (CHT), en collaboration avec l’Unité de Recherche sur la Leptospirose (UREL) et l’Institut Pasteur à Paris (IPP), cette étude vise à améliorer le diagnostic précoce et la prédiction de la sévérité de la leptospirose humaine, maladie endémique en Nouvelle-Calédonie pouvant entraîner des formes cliniques graves. Pour cela, elle cherche à identifier des critères cliniques et biologiques permettant de distinguer la leptospirose des autres maladies fébriles aiguës.
Au total, 400 participants présentant des symptômes évocateurs de leptospirose seront recrutés sur une période de deux ans.
L’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie a le plaisir d’annoncer la finalisation de l’étude LEPJAR-NC, menée en collaboration avec le CHT, les CHN de Koné, Koumac et Poindimié, ainsi que l’Institut Pasteur à Paris. Portée par l’unité de recherche sur la leptospirose et le groupe d’épidémiologie médicale de l‘IPNC, cette étude réalisée entre 2021 et 2024 visait à mieux comprendre la réaction de Jarisch-Herxheimer (JHR), une réaction inflammatoire parfois observée au début du traitement antibiotique de la leptospirose. Les résultats, désormais publiés dans la revue PLoS Neglected Tropical Diseases, apportent un nouvel éclairage sur la réponse immunitaire au cours de la leptospirose et sur les mécanismes associés à la JHR.
Nous remercions chaleureusement toutes les personnes ayant accepté de participer à cette étude, ainsi que les équipes hospitalières partenaires, pour leur engagement. Les participants peuvent contacter l’équipe de l’IPNC pour toute information complémentaire sur l’étude ou sur l’utilisation future des données collectées, conformément à la réglementation en vigueur : ipnc-etudeclinique@pasteur.fr ☎️ (+687) 27.02.85
Le mois d’avril, a été marqué par plusieurs activités menées dans le cadre de projets de recherche sur la leptospirose.
Mission à La Foa
Une première mission a été réalisée par Adriana LUGA dans le cadre de sa thèse : « Projet Leptomic ». Elle a consisté en un prélèvement d’échantillons de sol sur une parcelle spécifiquement sélectionnée à La Foa, site faisant l’objet d’un suivi depuis plusieurs mois en raison de ses caractéristiques environnementales jugées propices à la survie des leptospires pathogènes. Adriana s’intéresse particulièrement aux communautés bactériennes présentes dans ce sol et cherche à identifier celles susceptibles de jouer un rôle dans la persistance des leptospires.
Mission au Parc des Grandes Fougères
Une seconde mission, sous la coordination d’Eva MEUNIER, s’est déroulée dans le cadre du projet RESILEPTO, un projet d’étude sur les réservoirs et inégalités dans la leptospirose en Nouvelle-Calédonie. Cette initiative a consisté en une rencontre avec la direction du Parc Provincial des Grandes Fougères. L’objectif était de présenter le projet RESILEPTO, ainsi que de solliciter la participation active du parc dans la collecte d’échantillons d’origine animale, un volet essentiel de cette étude.
Réunion de lancement RESILEPTO
Puis s’est tenue la réunion de lancement officielle du projet RESILEPTO avec l’ensemble de nos partenaires. Cette réunion a été couverte par la chaine NC La 1ère, qui a réalisé une série d’interviews. Une première diffusion est disponible ici.
Porteur du projet : Dr C. Cazorla (CHT), Dr F. Veyrrier (IPNC), Dr A.Loarec, Dr R. Thibault
Collaborateurs : D. Ukeiwe, M. Dupont-Rouzeyrol, Dr. J. Colot, Dr. Jouan
Partenaires : CHT (Services des urgences, de réanimation et de médecine interne), INRS, IPP, UCLA, Duke university
Dates : A partir d’avril 2025 ( Fin prévue en 2027)
NIHFI est un projet de recherche mené par l’Institut Pasteur Nouvelle-Calédonie, en collaboration avec le Centre Hospitalier Territoriale Gaston-Bourret à Dumbéa. Cette recherche a pour objectif de mieux comprendre les causes des maladies associées à la fièvre, en particulier, la leptospirose, due à la bactérie Leptospira afin de développer de meilleurs tests et traitements de ces maladies.
Financée par le NIH (National Institutes of Heath, Etats-Unis), l’étude est conduite en partenariat avec l ‘Institut Pasteur Paris et l’Institut National de Recherche Scientifique au Canada.
Pour cette étude, il sera nécessaire de recruter des adultes majeurs se rendant aux urgences du CHT pour une suspicion de leptospirose associée à une fièvre (> 38°C) ou pour une consultation en traumatologie et orthopédie et ne présentant pas de fièvre.
Des analyses seront faites pour comparer la réponse immunitaire de patients fébriles avec des patients, dits contrôles, ne présentant pas de signes d’infection. Ces prélèvements et les données proviennent de volontaires qui ont accepté de participer à la recherche.
Le recueil de sang et d’urine à différents moments, ainsi que le recueil de données médicales et sur les habitudes de vie seront aussi nécessaires au cours de cette étude.
Déroulement de l’étude :
Le recueil d’échantillons servira à faire des analyses sur les microbes (leptospirose ou autres) et sur la réponse immunitaire du patient. Il y aura des analyses génétiques, sur l’ADN du patient et sur l’ARN, copie de l’ADN qui permet le transport du message génétique et la synthèse des protéines. Ces analyses génétiques permettront de mieux comprendre comment les patients réagissent en cas d’infections et pourquoi certaines présentent des formes graves.
Les chercheurs de l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie, en collaboration avec leurs collègues de l’Institut Agronomique néocalédonien IAC ont recherché des leptospires dans les roussettes, grandes chauves-souris frugivores.
Leurs travaux ont permis de montrer la présence de leptospires originaux, correspondant probablement à des espèces encore inconnues, dans près d’une roussette sur dix.
Leurs résultats incitent à la prudence lors de contacts avec ces animaux sauvages et viennent d’être publiés dans la revue Transboundary and Emerging Diseases.
Survie de leptospires pathogènes dans des eaux pauvres en nutriments: vers une meIlleure connaissance du réservoir environnemental des leptospires.
Principal investigator
Emilie Bierque
Focal point IPNC
Emilie Bierque, Cyrille Goarant
Collaborators at IPNC
Marie-Estelle Soupé-Gilbert, Malia Kainiu
Other Collaborators
Stagiaires
Total budget of project
8 300 euros
Budget devoted to IPNC: NA
Funding
IPNC
Timeline
Start date: 2016
End date: 2019
Contexte
La transmission de la leptospirose à l’homme se fait par l’exposition à des leptospires virulents par contact avec l’urine ou les tissus d’animaux infectés, le plus souvent indirectement via un réservoir hydrotellurique. Pourtant, les facteurs conditionnant la survie des leptospires pathogènes dans l’environnement demeurent très mal connus.
Objectifs
L’objectif est de décrire la survie de leptospires dans des eaux de différentes compositions minérales.
Méthodes
Notre expérimentation utilise des eaux stérilisées pour étudier l’effet de la composition ionique des eaux testées sans les interactions complexes qui pourraient se produire dans la microflore multi-spécifique. Pour éviter la précipitation des sels qui se produirait lors de l’autoclavage et modifierait la composition ionique, les eaux ont été stérilisées par une filtration à 0,1 μm en utilisant des cartouches jetables stériles, puis distribuées dans des flasques de culture en plastique de 50 mL avec 2 lamelles de verre stériles pour évaluer l’adhérence des leptospires et observer d’éventuels changements morphologiques. Des leptospires sont ajoutés dans chaque flasque à une concentration finale de 106 Leptospires / mL. Les flacons de culture sont incubés à 30°C à l’obscurité, puis prélevés après différentes durées d’incubation, pendant un maximum de 2 ans.
Résultats
Après douze mois d’expérimentation, les résultats révèlent différents taux de survie selon l’eau utilisée, dès 30 jours d’incubation. Nous observons une différence de comportement entre les souches de leptospires seulement pour l’eau la plus minéralisé. Deux eaux semblent permettre une meilleure survie de trois des quatre souches étudiées. De plus, l’eau la plus minéralisée semble devenir favorable à la survie d’une des souches au bout d’un an de survie. Les trois souches restent vivantes et virulentes (pour les pathogènes) après au moins 9 mois en eaux alors que la quatrième n’a pas survécu après seulement deux jours. La microscopie nous permet également d’observer la formation d’amas cellulaires à partir de 60 jours d’incubation pour les pathogènes et dès 2 jours pour la souche saprophyte.
Perspectives
Notre étude permettra d’identifier la composition ionique des eaux favorisant la survie des leptospires et ainsi acquérir des données importantes sur leur survie et le maintien de la virulence dans des conditions pauvres en nutriments, l’environnement aqueux constituant la principale source de contamination humaine.
Valorisation
Mélanie Faure, L2 student at University of New Caledonia made a 2-month training period on this subject.
Bierque E, Soupé-Gilbert ME, Geroult S, Thibeaux R and Goarant C. Leptospira survival in freshwater microcosms. Poster at the ILS conference, Palmerston North, NZ, November 2017.