Les maladies inflammatoires à médiation immunitaire (IMIDs) présentent une incidence de 5 à 7% dans les sociétés occidentales (Kuek et al., 2007, Postgrad. Med. J., 83(978):251-260) et une prévalence mondiale de 0,74 % (Gelabert-Mora et al, 2025, JAAD Int). En Nlle-Calédonie, les cas de polyarthrite rhumatoïde ont augmenté entre 2013 et 2018, impactant les coûts de prise en charge des longues maladies (Rapport sanitaire de la DASS-NC 2018). Les traitements (corticoïdes, AINS, anticorps) actuels peuvent conduire à long terme au développement d’effets secondaires parfois sévères, renforçant le besoin de nouveaux traitements anti-inflammatoires efficaces avec des effets secondaires moindre.
La résistance antimicrobienne représente un enjeu de santé publique mondiale majeure avec près de 1,14 million de décès attribués aux bactéries antibiorésistantes en 2021 (Naghavi et al, 2024, The Lancet) dont plus de 100 000 morts causées par le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) plus connu sous le nom de staphylocoque dorée. La Nlle-Calédonie est également concernée avec la circulation active de souches résistantes au sein des populations locales (Colot et al., 2022, Infect. Dis. Now, 52(1):7-12). La recherche de nouvelles molécules antibiotiques reste donc d’importance aussi bien sur le plan mondial que pour le territoire.
Le cancer reste la deuxième cause de mortalité par maladie dans le monde avec près de 20 millions de nouveaux cas de cancers estimées en 2022 et 9,7 millions de décès associés (Bray et al., 2024, CA Cancer J Clin., 74:229–263). Sur le plan local, le cancer est la 1ère cause médicale de décès avec 1055 nouveaux cas de cancer diagnostiqués par an et une mortalité annuelle de 452 décès entre 2018 et 2020 (Registre du cancer 2018-2020, DASS-NC). Les thérapies anticancéreuses varient selon le type tumoral et impactent de façon majeure la qualité de vie des patients poussant la recherche à proposer de nouvelles thérapies anticancéreuses.
Les substances naturelles restent une source importante pour la découverte de nouvelles molécules bioactives pouvant avoir des applications en santé humaine. En effet, près de 15 à 20 % des molécules approuvées dans le monde entre 1981 et 2019 pour leur commercialisation dans le domaine pharmaceutiques proviennent ou dérives des substances naturelles (Newman & Cragg, 2020, J. Nat. Prod.). L’exploration des substances naturelles marines (SNMs) a permis de recenser plus de 43 800 molécules au cours des dernières décennies (base de données MarinLit), majoritairement issues des micro-organismes marins (Carroll et al, 2025, Nat. Prod. Rep.).
La Nlle-Calédonie fait partie des 36 hotspots mondiaux de biodiversité marine et terrestre recensées (Habel et al., 2019, Conserv. Lett., 12(6):e12668). Par ailleurs, les populations locales ont recours aux savoirs traditionnelles employant des plantes médicinales en parallèle des thérapies conventionnelles (Hnawia et David, 2020, Diasporiques : Cultures en Mouvement, (48):12-17). Le territoire représente donc un lieu de prédilection pour la prospection de nouvelles substances naturelles bioactives. Ces investigations participent à la recherche continue de molécules thérapeutiques innovantes en réponse notamment aux problématiques de santé mondiale.
Les campagnes de bioprospection de ces dernières décennies ont permis d’explorer la chimiodiversité marine de Nouvelle-Calédonie et d’identifier des molécules d’intérêts pharmacologiques (Motuhi et al., 2016, Marine Drugs, 14(3):58). Parmi les organismes étudiés, les micro-organismes marins suscitent un vif intérêt, notamment les souches de microalgues et de bactéries marines néo-calédoniennes présentant de potentielles nouvelles bioactivités. Un caroténoïde antioxydant a été isolée d’une microalgue du genre Nephroselmis sp. de Nouvelle-Calédonie (Coulombier et al., 2020, Marine Drugs, 18(9):453). Plusieurs bactéries marines du genre Pseudoalteromonas sp. ont aussi présentées des activités antibiotiques contre des bactéries antibiorésistantes (Dufourcq et al., 2014, Lett. Appl. Microbiol., 58(2):102-8).

